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France

Provence : sur les chemins des oliviers

Ajouté le 12/12/2006
On va à Nyons un peu comme en pèlerinage.
Si une ville incarne à merveille l'olive de Provence, c'est bien celle-ci, sagement blottie autour de son vieux quartier sur la rive droite de l'impétueuse Eygues, au sud de la Drôme. Dans la cité, impossible d'échapper à l'omnipotence du fruit oblongue, une vieille tradition sur cette terre abritée des montagnes et bénie pour son climat. Premier arrêt : les vieux moulins. Datant des XVIII° et XIX° siècles, leurs anciennes presses et meules de pierre ont fabriqué l'huile d'olive jusque dans les années 1990, avant que les normes européennes ne les obligent à l'adoption de procédés industriels et à une reconversion en boutiques, empreintes d'un brin de nostalgie. Le musée de l'Olivier, à l'écart du centre-ville, évoque sans surprise l'histoire de la culture, avec force outillages et documents explicatifs. Quant à l'Institut du Monde de l'Olivier, il abrite un centre d'informations et organise de juin à septembre des dégustations d'huiles d'olive. On y goûte la variété locale, la tanche, petite et noire, appréciée pour son huile classée AOC comme pour sa chair, marinée selon mille recettes. En signe de reconnaissance de cette tradition, Nyons a été labellisée « site remarquable du goût ». Renseignés et repus, reste à voir à quoi ressemblent les cultures. La route de l'olivier, une centaine de kilomètres en boucle au départ de Nyons, y conduit allègrement, en serpentant au cœur des Baronnies, une région calcaire aux collines couvertes de l'arbre au tronc noueux et ornées de moulins ouverts au public.
Oliviers mais aussi vergers et tilleuls
Mais l'itinéraire livre aussi des clefs sur l'histoire et la géographie locales, dont il faut profiter. Sahune, par exemple, petit village au bord de l'Eygues. Rien de spectaculaire si ce n'est que le nom est aussi celui d'une race de moutons, témoin de l'emprise ovine sur ces versants arides. Plus loin, en pénétrant les gorges de l'Eygues, la route dévoile une géologie de sédiments calcaires, avec des strates d'une étonnante régularité. Rejoignant la vallée de l'Ouvèze par les hautes collines et le col de Soubeyrand (994 mètres), le tracé se perd alors dans un formidable sanctuaire de la nature. Vergers, oliviers mais aussi genêts, pins, hameaux et villages fantômes composent une sorte de paysage du vide, tout juste égayé par la présence rassurante du Mont Ventoux, silhouette gracile dressée au loin lors de la descente vers Saint-Auban-l'Ouvèze.
En suivant le fil aval de cette autre rivière capricieuse, la paysage devient plus riant. Hannibal s'en était peut-être aperçu, soupçonné avec ses hommes d'avoir chevauché cette vallée, vestige de l'antique voie romaine en direction des Alpes. Juste après la mi-parcours, Buis-les-Baronnies constitue un arrêt-étape idéal. Si l'olivier est toujours en territoire conquis, il doit partager la vedette avec d'autres cultures : la lavande, l'abricotier, le cerisier, mais surtout le tilleul, dont la ville est, surprise, la capitale européenne. Le premier mercredi de juillet se tient une foire réputée, au terme d'un gros mois de cueillette. La quasi totalité de la production nationale s'y échange.
Cette période se prête à la découverte du terroir, où l'on peut voir dans les champs des centaines de personnes s'activer en haut de frêles échelles et ramasser la plante médicinale. En ville, l'Institut des Plantes Aromatiques complète à dessein les connaissances sur cette tradition.
Mérindol-les-Oliviers, village référence
Passée cette subtilité agraire, l'olivier retrouve vite son hégémonie. A cheval entre Drôme et Vaucluse, la route exhume une poignée de villages où tanches, aglandau, grossanes et picholines – les noms des différentes variétés d'olives – ont depuis longtemps trouvé un terrain d'entente. Faucon, Puyméras, Propiac, Bénivay-Ollon, Beauvoisin, Piégon sont à voir absolument. Le plus emblématique de ces villages ? Mérindol-les-Oliviers, bien sûr, un nom digne d'un feuilleton télévisé qui fleure le Sud, l'anis et la tapenade, à rendre jaloux le plus cocardier des habitants du Nord ! A l'entrée de ce territoire béni, dernière étape avant le retour vers Nyons, une belle cité mérite une halte : Mollans-sur-Ouvèze. On y trouve un moulin à huile tricentenaire, le moulin Chauvet, et des vestiges architecturaux de qualité : la chapelle Notre-Dame-de-la-Compassion, en belvédère au dessus de la rivière et un magnifique lavoir à arcades du XVIII° siècle, précédé d'une fontaine surmontée d'un dauphin, témoin de l'ancienne frontière entre Provence et Dauphiné. Comme quoi, la quête de l'olivier n'exclue pas l'enrichissement culturel.

A ne pas manquer Le Vieux Nyons
Petite sous-préfecture de 7 000 habitants, Nyons préserve un intéressant quartier médiéval. On le rejoint depuis la place du Docteur Bourdongle, coeur commerçant de la ville, par les rues des Petits Forts et des Grands Forts, ornées de maisons basses et de galeries des XIII° et XIV° siècles. Par la rue des Déportés, on redescend ensuite la colline pour arriver au bord de l'Eygues, franchie par une arche romane de 40 mètres très audacieuse. Il est possible d'avoir une vue d'ensemble du vieux quartier depuis le belvédère situé sur l'autre rive.
Vaison-la-Romaine
A peine à l'écart du circuit, il ne faut pas rater Vaison-la-Romaine. On visitera bien sûr les ruines gallo-romaines, étendues sur 15 hectares, vestiges du principal centre urbain des Voconces, un peuple celtique intégré au II° siècle avant J.-C. à la Provincia romaine. Dans les quartiers de Puymin et de la Villasse, visites des maisons de l'Apollon lauré, au Buste d'Argent et au Dauphin, ainsi que des thermes, du portique de Pompée et du musée archéologique Théo-Desplane. Une plongée dans l'Antique à compléter par une balade dans la ville et le franchissement du Pont romain, célèbre pour avoir résisté à la terrible crue de 1992.
Saint-Jalle
Le village typique des Baronnies. Isolé sur la petite D64 qui relie au plus court Buis-les-Baronnies à la vallée de l'Eygues, Saint-Jalle a conservé des allures de forteresse. Des remparts, deux portes fortifiées et un château lui donnent cet aspect de place forte, le donjon carré du château ayant toutefois été associé à une tour Renaissance. A voir aussi : le très beau portail sculpté de l'église romane, où un coq se dresse devant trois représentants de la société d'alors, un paysan, un seigneur et un troubadour.
La vieille ville de Buis-les-Baronnies
Charmante avec sa place du Marché, longue agora bordée d'arcades médiévales qui forment presque une double halle couverte. Chaque mercredi matin, le marché s'y étale, avec toutes les odeurs essentielles de Provence. Voir aussi les anciens couvents des Dominicains et des Ursulines, ainsi que l'esplanade en bord d'Ouvèze, où s'échangent début juillet les ballots de toile lors de la traditionnelle foire au tilleul.
Renseignements Office de Tourisme de Nyons
Place de la Libération
04 75 26 10 35
www.paysdenyons.com
Comité Départemental du Tourisme de la Drôme
8, rue Baudin 26005 Valence
04 75 56 01 65
www.drometourisme.com



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